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Le dossier du mois

Révolution numérique et blockchains
La révolution numérique est en marche. « Il est désormais possible de payer sans contact avec une carte bancaire et ce en toute sécurité. La création du bitcoin en 2009 marque une nouvelle étape… L’’innovation majeure du bitcoin est la possibilité de créer et d’utiliser de manière décentralisée une monnaie. Chacun peut vérifier le bon déroulement de la création monétaire. Le bitcoin est la première et la plus ancienne des cryptomonnaies. Il n’a pu exister que grâce aux blockchains. (Voir « les Blockchains en 50 questions » –JG Dumais -éditions Dunod 2018 )
La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d'informations, transparente et sécurisée, qui fonctionne sans organe central de contrôle.
Une blockchain constitue en fait une base de données qui contient l'historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.
Il existe des blockchains publiques, ouvertes à tous, et des blockchains privées, dont l'accès est réservé à un certain nombre d'utilisateurs. La première blockchain connue est apparue avec l'avènement de la monnaie numérique, une cryptomonnaie le Bitcoin.( Collection First Pour-les-Nuls-La-Blockchain-Pour-les-Nuls-TIANA-LAURENCE)

Cryptomonnaies et bitcoins
Une cryptomonnaie, dite aussi cryptoactif, cryptodevise ou monnaie cryptographique, est une monnaie utilisable sur un réseau informatique décentralisé, de pair à pair. Elle est fondée sur les principes de la cryptographie et intègre l'utilisateur dans les processus d'émission et de règlement des transactions
Pour la Banque Centrale européenne ( BCE- Rapport 2012) « une monnaie virtuelle est un type de monnaie dématérialisée non régulée, crée et généralement contrôlée par ses développeurs et utilisée et acceptée au sein des membres d’une communauté virtuelle spécifique. Parmi celles-ci, seront considérées celles qui sont convertibles avec d’autres monnaies et qui reposent souvent sur un principe de création et de gestion décentralisée et sur des mécanismes cryptographiques comme par exemple bitcoin

Les crypto‑actifs ne sont pas des monnaies
Pour la Banque de France
« Les crypto‑actifs ne remplissent pas ou que très partiellement les trois fonctions dévolues à la monnaie
• D’abord, leur valeur fluctue très fortement, ce qui ne permet pas d’en faire des unités de compte. De fait, très peu de prix sont exprimés dans ces crypto‑actifs.
• Ensuite, comme intermédiaires des échanges, les crypto‑actifs sont bien moins efficaces que la monnaie qui a cours légal, dans la mesure où (i) la volatilité de leur cours rend de plus en plus difficile leur utilisation comme moyen de paiement ; (ii) ils induisent des frais de transactions qui sont démesurés pour de simples opérations de détail ; et (iii) ils n’offrent aucune garantie de remboursement en cas de fraude.
• Enfin, leur absence de valeur intrinsèque ne permet pas non plus d’en faire des réserves de valeur, inspirant confiance. Les crypto‑actifs ne s’appuient sur aucun sous‑jacent réel. Ils sont souvent émis en fonction d’une puissance de calcul informatique, sans considération des besoins de l’économie et de ses échanges, ce qui ne permet pas de leur attacher une valeur intrinsèque.
Au plan juridique, les crypto‑actifs ne sont pas reconnus comme monnaie ayant cours légal, ni comme moyen de paiement
Selon l’article L111‑1 du Code monétaire et financier (CMF), « La monnaie de la France est l’euro ». C’est donc la seule monnaie ayant cours légal en France. Les crypto‑actifs ne peuvent pas être qualifiés en France de monnaie ayant cours légal. De ce fait, il est possible de les refuser en paiement

Le fonctionnement de la blockchain
Toute l'infrastructure d'une blockchain, technologie sur laquelle s'appuient les cryptomonnaies comme le bitcoin, repose sur le minage. Ce terme désigne l'opération par laquelle un bloc (soit un groupe d'opérations et de transactions) est validé par un des membres du réseau (un « mineur »), après avoir résolu un problème mathématique très complexe nécessitant la puissance de calcul d'un ordinateur. Pour chaque opération, tous les mineurs le désirant sont en compétition et celui qui la valide le plus rapidement se voit rémunéré dans la cryptomonnaie qu'il « mine ». En corollaire, quand le cours de celle-ci baisse, le revenu du « mineur » décroît automatiquement. Le minage est indispensable à la fluidité et à la sécurisation des échanges de crypto. Pour simplifier, il est un peu à la blockchain ce que les serveurs sont au Web. Pour Raphaël Bloch et Nicolas Richaud (Les échos 11/03/2019 p 21)
« Le minage est un système de consensus distribué qui est utilisé pour confirmer les transactions en attente en les incluant dans la chaine de blocs. Il impose un ordre chronologique dans la chaine de blocs, protège la neutralité du réseau et permet à différents ordinateurs d'être en accord sur l’état du système. »
Bitcoin et cryptomonnaies : Les bases
Une fois installé un portefeuille Bitcoin sur un ordinateur ou un téléphone portable, le système générera une première adresse Bitcoin et le nouvel utilisateur pourra en créer de nouvelles en tant que de besoin. (https://bitcoin.org/fr/comment-ca-marche). Pour être confirmées, les transactions doivent être incluses dans un bloc qui doit correspondre à des règles cryptographiques très strictes qui seront vérifiées par le réseau. Outre le bitcoin, il existe d’autres cryptomonnaies ou crypto-actifs
La Banque de France a réalisé dans sa remarquable revue Focus (n°16 – 05 mars 2018), un article consacré à l’émergence du bitcoin et autres crypto-actifs : enjeux, risques et perspectives, qui fait référence.

Les crypto‑actifs sont hautement spéculatifs et leurs cours peuvent à tout moment s’effondrer.
La convertibilité des crypto‑actifs dans différentes monnaies ayant cours légal n’est garantie par aucun organisme centralisé. Ainsi, les investisseurs ne peuvent récupérer leurs fonds en devises que si d’autres utilisateurs désirent acquérir les mêmes crypto‑actifs. De ce fait, le cours d’un crypto‑actif peut à tout moment s’effondrer si les investisseurs voulant dénouer leurs positions ne trouvent pas d’acquéreurs et se retrouvent détenteurs d’actifs illiquides. Dans le cas particulier du bitcoin, le processus d’émission d’unités, qui est uniquement dépendant d’une puissance de calcul informatique, est plafonné dans le temps. Cette limitation nourrit un phénomène de pénurie qui, face à la forte demande induite principalement pour le motif de spéculation, entraîne de très fortes fluctuations de cours.
L’encours des crypto‑actifs est encore limité au regard du stock de monnaie en circulation. L’encours des crypto‑actifs en circulation atteint environ 330 milliards d’euros fin janvier 2018, comprenant principalement le bitcoin (35 %), l’ether (20 %) et le ripple (10 %). Mais ce montant est à relativiser.
« Les crypto‑actifs suscitent un intérêt croissant en‑dehors de leurs communautés initiales, c’est‑a‑dire auprès des utilisateurs et des commerçants n’ayant pas un rôle opérationnel dans le réseau d’émission et de gestion de ces actifs (par exemple, non‑mineurs de crypto‑actifs). Cela entraîne le développement de nombreux services, qui se structurent en s’inspirant des services existant dans la sphère financière traditionnelle ». (Banque de France – Focus – 16 mars 2018)

Les usages des crypto-actifs se diversifient et exposent les investisseurs à des risques de perte financière accrus
Les crypto‑actifs sont également vecteurs de risques de cyber‑attaques, de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, tout en ayant un coût environnemental. Par leur caractère anonyme, les crypto‑actifs favorisent le financement du terrorisme et d’activités criminelles ainsi que le contournement des règles relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux. L’anonymat qui caractérise les mécanismes d’émission et de transfert de la plupart des crypto‑actifs favorise avant tout un risque d’utilisation de ces actifs à des fins criminelles (vente sur internet de biens ou services illicites) ou à des fins de blanchiment ou de financement du terrorisme. En France, l’organisme Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins) identifie l’utilisation de crypto‑actifs, notamment le bitcoin, comme étant à l’origine d’un risque spécifique en matière de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme. La conservation des crypto‑actifs est sujette à des cyber‑risques importants, et n’offre aucune protection en matière de sécurité de ces avoirs. Il existe des risques avérés de piratage des portefeuilles électroniques qui permettent le stockage des crypto‑actifs. Dans ce contexte, les détenteurs n’ont aucun recours en cas de vol de leurs avoirs par des pirates informatiques. (Banque de France – Focus – 16 mars 2018)
Les épisodes répétés de fraudes importantes (piratage de Coincheck en janvier 2018 pour 534 millions de dollars américains, faillite retentissante en 2015 de la première plate‑forme mondiale d’échange de bitcoin, MtGox 3)(voir les Echos du 13 mars 2019 p 16) illustrent la vulnérabilité de l’écosystème des crypto‑actifs et le niveau élevé des risques associés, en l’absence de mécanismes de garantie.